Pas de #frenchrevolution sans revenu de base

J’ai beaucoup suivi cette semaine le soulèvement des espagnols à l’approche des élections régionales. Il faut reconnaitre: c’est un spectacle fascinant, enthousiasmant, et surtout salutaire ! Miracle : le peuple ne serait donc pas totalement endormi ?

Le spectacle est d’autant plus rafraichissant que dans le même temps, on assistait en France au concert de gémissements de la gauche quant au sort de Dominique Strauss-Kahn et de son poussiéreux parti socialiste, et réduisant l’oeuvre de la presse française à ce que André Gunther qualifie à très juste titre d’un « autoportrait d’une presse en plein desarroi face à la disparition de son candidat préféré. ».

Alors oui, voir nos voisins espagnols se réveiller de la sorte contre l’injustice sociale dont ils sont victimes et contre leurs prétendus représentants, il n’y a pas à dire : ça donne la pêche. A tel point qu’on aurait presque envie de faire pareil. 😉

Seulement voilà. Alors que certains sur twitter commencent justement à vouloir importer le mouvement en France, je me permet d’émettre un “hola”. (sans jeu de mot :) ).

Comme me le racontait il y a peu un ami américain, faire une révolution c’est un peu comme tomber amoureux. On le fait sans calculer, par une sorte de pulsion. Comme nous l’ont montré récemment les tunisiens, les égyptiens, les libyens, l’énergie qui peut se dégager d’un tel phénomène est très impressionnante. C’en est même vertigineux !

Mais il ne faut pas tout confondre. Si les révolutions arabes peuvent être inspirantes pour l’Occident (notamment sur la méthode), il ne faut pas oublier les motivations premières de ces mouvements : l’oppression policière, la censure, la faim. En sommes nous là chez nous ?

Non, nous en sommes beaucoup plus loin. L’oppression que nous subissons est beaucoup plus perverse et difficile à combattre.

Que nous disent les espagnols aujourd’hui ? Qu’ils en ont marre de cette parodie de démocratie représentative. Qu’ils ne supportent pas les injustices qu’ont exacerbé la crise financière. Ils expriment leur indignation contre un système qui devient fou. Mais après ? Quels sont les alternatives ? Comment déconstruire le système actuel ?

Que l’on me comprenne bien : nombreux sont les motifs légitimes de s’indigner, et ne pas se révolter serait même très inquiétant ! Mais encore faut-il identifier clairement les vrais problèmes, et y proposer des solutions efficaces et crédibles. bref, ne pas se tromper de cible.

Or, sur ce plan là, désolé mais je ne vois pas grand chose d’intéressant. J’en veux pour preuve une sélection des propositions du mouvement espagnol Democracia Real, YA ! :

  • partage du temps de travail
  • récompenses pour les entreprises embauchant moins de 10% des salariés à temps partiel
  • impossibilité d’effectuer des licenciement collectifs si l’entreprise réalise des bénéfices
  • contrôle et régulation du système bancaire
  • Suppression des SICAV
  • meilleur contrôle des fraudes fiscales
  • augmentation de l’impôt sur le patrimoine
  • (…)

Ce mouvement révèle selon moi une tendance que je constate depuis longtemps : l’indignation se généralise, mais les propositions, elles, restent trop timides, trop classiques, trop orthodoxes. On est ici franchement dans la mesurette, alors que c’est notre modèle de société tout entier qui est en faillite ! En fait, le problème majeur de ces propositions, c’est qu’elles sont essentiellement repressives envers une catégorie de la population. Quant à ceux qui les revendiquent, elles font en sorte que surtout rien ne change pour eux.

Je doute que l’on puisse faire une révolution saine sur de telles bases. On est en tout cas très, très loin de la révolution sociétale potentiellement impulsée par le revenu minimum garanti, et mieux : de la nécessaire réforme du système monétaire !

Je viens de tomber sur un intéressant communiqué du GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne)  qui critique aussi assez vivement l’approche du mouvement espagnol. Je le republie ci-dessous, pour alimenter le débat ;-).

[Barcelone] Sur la manifestation “Democracia Real Ya”

Face à la détérioration rapide de la crise multidimensionnelle que nous vivons, il est tout à fait compréhensible et souhaitable qu’un nombre croissant de personnes veuillent exprimer publiquement et collectivement leur opposition au cours destructeur que prend la société ainsi que leur refus de la farce politique, de la paupérisation économique et de l’injustice sociale. Ainsi, nous pensons que la participation à des manifestations telles que la “Démocratie Réelle Maintenant” est mieux que demeurer dans l’apathie politique et la passivité face à la situation actuelle. Mais malgré cela, nous pensons aussi que dépenser des énergies à impulser ce genre de mobilisation est pire que les dépenser à construire un nouveau type de mouvement, pensé historiquement, stratégiquement articulé et radicalement transformateur, qui permet d’abandonner le système oligarchique et éco-destructeur établi et la mentalité hétéronome et individualiste qui prévaut aujourd’hui, en créant une nouvelle forme d’organisation sociale véritablement démocratique et écologique et un état d’esprit autonome et coopératif. Comme nous le développons plus loin, la manifestation du 15-M ne peut pas donner lieu à un mouvement de ce type, ni même être une partie intégrante de celui-ci, étant donné que ni les objectifs ni la stratégie ne visent une telle finalité.

Au-delà de la phraséologie du manifeste qui, disons le clairement, est ambigu, vague et naïf, la plate-forme qui impulse cette mobilisation a formulé un certain nombre de propositions concrètes qui peuvent être considérées comme le noyau “programmatique” sous-jacent de l’appel. Il s’agit d’un ensemble de mesures (accroître le contrôle sur la classe politique et les paradis fiscaux, augmenter les impôts sur les banques et les grandes fortunes, augmenter le recrutement de personnels de santé et les enseignants, établir l’obligation d’organiser des référendums pour les décisions politiques importantes, fournir une assistance économique aux chômeurs et toutes les personnes à faible revenu, réaliser une répartition du travail basé sur la réduction du temps de travail, etc.) que nous considérons comme insuffisantes et/ou utopiques pour les raisons suivantes :

1) Ce sont des propositions insuffisantes par leur caractère réformiste, car à aucun moment elles ne contestent ou prétendent remplacer les institutions fondamentales du système actuel, à savoir, l’État “démocratique” représentatif et l’économie de marché capitaliste, mais qu’elles se limitent simplement à demander quelques améliorations. Cependant, la crise généralisée et multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui n’est pas due à un dysfonctionnement de ces institutions, mais à leur propre idiosyncrasie. La dynamique inhérente à l’économie de marché et à l’État “représentatif” donner lieu à une énorme et croissante concentration du pouvoir qui ne peut pas être inversée grâce à de simples changements cosmétiques. Ainsi, en supposant qu’une lutte populaire tenace et acharnée parvienne à mettre en œuvre certaines des réformes suggérées, celles-ci ne pourraient faire autre chose qu’imprimer un rythme légèrement plus lent au développement de la crise multidimensionnelle en cours car elles devraient indéfectiblement être compatibles avec le fonctionnement et la dynamique du système actuel, ce par quoi elles se révèleraient assez dérisoires en comparaison au fort développement de la crise multidimensionnelle provoqué par ce système. Ainsi, nous pensons donc qu’il est inapproprié de plaider pour que l’injustice sociale, l’énorme inégalité économique et l’usurpation politique soient repeints d’une nouvelle couche de peinture “démocratique” et / ou “éthique”, mais qu’il est nécessaire de miser sans équivoque pour l’abolition le système actuel, cause fondamentale des effets dommageables et des comportements pervers que nous subissons aujourd’hui, et pour cela, il sera nécessaire de donner naissance à un nouveau système véritablement démocratique dans tous les domaines.

2) Ce sont des propositions utopiques, non seulement parce que, comme c’est habituel dans ce type de positions, aucune idée claire et réaliste n’est donnée sur la façon dont ces mesures pourraient être imposées aux élites dirigeantes qui ont la haute main sur le système, mais surtout parce qu’on oublie complètement que ces mesures contreviennent radicalement à la logique et à la dynamique du système actuel. L’énergie qui fait fonctionner ce système est la croissance économique et la marchandisation, de sorte que les États et les entreprises du monde entier cherchent à maximiser respectivement leur taux de croissance du PIB et leurs profits. Un État ou une entreprise qui ne suit pas cette logique de la poursuite de la croissance économique et de la marchandisation en augmentant sa compétitivité / efficience, entrera rapidement sur la voie de la crise et de la dissolution. Sachant cela, les gouvernements du monde entier s’efforcent d’adopter de nouvelles lois et réformes visant à accroître la compétitivité du pays, ce qui signifie, évidemment, une plus grande exploitation de leurs ressources humaines et naturelles, et, par conséquent, une plus grande précarité de l’emploi, l’insécurité sociale, le mal-être psychologique et la destruction de l’environnement. Aujourd’hui, en plus, tant les Etats que les entreprises du monde entier se heurtent à des difficultés croissantes pour continuer d’accroître leur PIB et le montant de leurs profits et pour cela essaient maintenir la compétitivité à tout prix, à savoir, en réduisant, en appauvrissant et en détruisant rapidement les conditions de vie de la grande majorité de la population. Nous ne pouvons pas nous boucher les yeux devant cette caractéristique centrale de notre époque : il y a un conflit croissant et irréconciliable entre les besoins des personnes et de la planète d’une part, et les besoins du système économique actuel de l’autre. Ce conflit ne peut être conclu qu’avec un vainqueur. Ou bien les besoins humains et naturels gagnent, donnant lieu à un système conçu pour la satisfaction démocratique de ceux-ci, ou bien gagnent les besoins du système étatiste et capitaliste établi, à savoir, sa dynamique fondée sur la recherche insensée d’une croissance économique illimitée et la constante augmentation de la concentration du pouvoir. Toute proposition qui ignore ce conflit inévitable et fondamental est une utopie et un attrape-nigaud.

D’autre part, comme il ressort de ses communiqués, la plate-forme appelant à cette manifestation se rend complice de la distorsion et dénaturation du terme “démocratie” quand ils suggèrent que ce qui rend la société moderne non démocratique n’est réside que dans la corruption et le pouvoir incontrôlé que détiennent les entreprises transnationales et les sociétés financières. Cependant, ce n’est pas seulement cela qui fait que nous vivons dans une société oligarchique, mais aussi parce que l’existence même de l’État joue un rôle crucial, à savoir, un appareil bureaucratique centralisé, séparée des citoyens et dans une position de domination sur ceux-ci. L’État s’autodénomine “démocratique” afin de se légitimer, et non, évidemment, parce qu’il serait une institution qui confèrerait un réel pouvoir aux personnes de décider sur les affaires de la sphère publique. Il est par conséquent complètement faux d’attribuer le manque de démocratie uniquement à la corruption politique et à la domination des puissances économiques sur les pouvoirs “publics” : l’essence même de l’État “démocratique” représentatif est profondément oligarchique. Pour réclamer véritablement une réelle démocratie, il est nécessaire de lutter pour l’abolition de cette institution et son remplacement par un nouveau système de communautés dirigées démocratiquement par le biais d’assemblées populaires, confédérées par l’intermédiaire de délégué-e-s responsables et révocables.

En conclusion, nous considérons que le caractère insuffisant et utopique des propositions de la plate-forme qui appelle à la manifestation de “Democracia Real Ya” ainsi que sa collusion implicite avec la dénaturation de la signification du terme “démocratie”, fait que cette appel sera, au mieux un espace-temps qui, comme tant d’autres, sert à rendre visible et à exprimer le rejet par beaucoup de gens de la crise générale du monde contemporain et, au pire, un attrape-nigauds qui canalise la volonté transformatrice de certaines personnes vers des objectifs presque toujours illusoires et toujours insuffisants.

GADI Catalunya (Groupe d’Action de Démocratie Inclusive de Catalogne) Mai 2011

[A noter que ce collectif, malgré les critiques ici formulées à l’endroit des initiateurs de l’appel, a décidé de participer à l’occupation de la place de Catalogne de Barcelone où il a animé un débat sur ses propositions politiques]

Source : Organisation Communiste Libertaire

 


Photo flickr PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification xTrishPaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification dwell29

17 commentaires

  • Mel

    En même temps, quand on voit les jeunes espagnols, rarement levés avant midi et occupés à faire la fête tous les soirs 7 jours sur 7, 365 jours/an …
    … les politiques sont certes des crapules, mais la jeunesse, bien contente de son statut d’éternel homo festivus, cette jeunesse a aussi sa part de responsabilité.

  • Nous vous remercions de votre article, mais nous nous permettons de vous soulignez qu’aucune des propositions que vous citez n’ont étés approuvez! donc elle ne sont et ne resteront á ce jours que des propositions formelles á débatre. Nous vous remercions de rectifier ce que vous avancer vis a vis de propositions, et vous invitons á consulter notre site tomalacalle.net afin de contraster toute information. Nous restons égallement á votre disposition pour toute autre information aditionnelle.

    Bien á vous!

    @takethesquare

  • Bien sûr Stan, tu as raison ! Le “problème” de la nécessaire réforme du système monétaire, c’est un problème de communication… Comment faire comprendre que c’est la base de tout ?…
    Tes posts sur le sujet sont excellents, et très clairs, mais perso j’ai du mal à convaincre autour de moi que c’est la mesure de base à exiger en toute priorité. Je manque d’éléments, d’une part pour définir le problème, et d’autre part pour faire valoir les solutions. Il faudrait un jour que quelqu’un (toi peut-être) fasse le répertoire a) des inconvénients du système actuel et de ses effets pervers sur l’individu, la société, le monde… et b) des améliorations que le nouveau système apporterait (apportera!) pour les personnes, les sociétés, le monde…
    Amitiés ;^)

  • Salut Gérard,

    Oui je sais c’est difficile, car avec le revenu de vie, on passe un cap idéologique qui déstabilise souvent l’interlocuteur qui te prend à 50% des coups pour un fou, à 30% pour un doux rêver, et parfois il t’écoute vraiment. Il revient 2jours plus tard avec des questions, et là tu sais que la personne a compris un truc.

    Le revenu de vie, c’est selon moi le seul levier de changement qui résout autant de problèmes à la fois. Et surtout qui évite des débats interminables sur des questions telles que le “droit au travail” dont l’issue finit tout le temps par trouver une solution partielle au détriment de catégories de personnes oubliées.

    C’est pour ça qu’il faut commencer par le revenu universel. Parce que c’est une mesure qui profite potentiellement à tout le monde, et qui est en tout cas acceptable pour tous car elle est juste socialement.

    Je n’ai néanmoins pas réponse à toutes les questions sur le revenu de vie.

    En fait, ce qui m’a fait m’intéresser à cette idée, c’est quand j’ai commencé à regarder la crise de la dette il y a environ un an. Le revenu de vie me semble être la seule porte de sortie non violente de cette crise.Le problème c’est qu’en France on n’est pas encore touché de plein fouet. Donc les gens comprennent pas !! Ils pensent encore que si la gauche gagne en 2012, ce sera le retour de la croissance, du social etc !! mais ils n’ont aucune vision globale du problème.

    Ca fait quelques temps que je pense écrire un texte qui expliquerait comment sortir de cette crise par le haut, avec le dividende universel bien sur 😉

    Je vais m’y mettre sérieusement très bientot. Ca urge.

  • Pepito Well

    Alors je suis un peu surpris par ton poste.

    Certes les revendications ne proposent pas de révolutions radicales et la supercherie de la démocratie restera telle qu’elle est si on ne change pas de modèle de création monétaire et là dessus je te rejoins.
    Par contre j’aimerais bien que tu ne fasses pas trop ton Crouzet (que j’aime bien quand même), qui nous traitait de moutons à descendre dans la rue pour protéger les retraites.
    En venir à railler le mécontentement des gens, je ne pense pas que ce soit constructif, et même si tu as en partie raison. On ne propose pas des solutions à quelqu’un avec l’espoir d’être écouté, si on commence sa phrase par “bande de buses!”.

    L’interet de tels rassemblements repose justement sur le fait que ce sont des rassemblements. Les personnes d’ordinaire pris dans leur train train quotidien sorte pour dire:”stop, j’arrete, j’en veux plus” et là au coeur de ce rassemblement c’est un débat d’idée permanent, et non violent. C’est par ces rassemblement que nous pourrons faire monter des idées telles que le dividende universel, les poles sociaux de crédit…
    Il était vraiment étonnant de voir à Paris que directement après les slogans de contestation faciles : “Stop à la corruption, répartition des richesses….” direct ils ont commencé à réfléchir à comment s’organiser. Et les discussions ont commencé sur le sujet de la banque, des dégâts environnementaux que crée ce système… et j’en passe. C’est comme un énorme think tank citoyen qui cherche des solutions.

    Ils ont commencé par s’indigner du système pour que d’une manière communautaire des solutions nouvelles émergent.

    Alors bien sûr je trouve cela dommage que la population ne se soit jamais posée les questions:”mais au fait ça vient d’où l’argent?” et “la position des banques privées n’est elle pas tout bonnement accaparante de ces biens publics que sont la liquidité des encours et le robinet du crédit?”… d’accord tout le monde devrait en être là. Mais il est plus facile via internet de faire passer le mécontentement que les solutions. Qui elles, nécessitent de prendre le temps de s’intéresser au causes.
    Mais je pense que c’est par cette méthode que les citoyen pourront reprendre le pouvoir.
    Il faut tout de même voir comment les choses commencent.
    Les premiers à agir sont les plus radicaux, suivis des perdants du système. Et enfin viennent se rajouter la population des classes moyennes, qui sentant bien que ça merde, décide de s’arrêter et de participer. Car pour en arriver là. Ils ont pris la décision de s’arrêter et de réfléchir, un peu à la démarche de l’an 01.
    Quand on voit le développement de ces camps, le monde que cela met en jeu, et la contagion qui peut en découler, perso je trouve que c’est un bel espoir.

    Maintenant et ce pourquoi la France n’est peut être pas encore prête c’est que la population qui en bave n’est pas comme en Espagne de 40% des jeunes… mais les mesures d’austérité ne vont pas tarder à faire leur effet. Et là…

    Bref encore une fois je pinaille parce que je suis assez d’accord sur le fond, mais que nous nous pouvons nous permettre de dénigrer ces mouvements du haut de notre fauteuil club devant notre PC. Ces mouvements sont le signe d’un ras le bol qui pourrait se matérialiser en un changement très intéressant. Maintenant à ceux qui ont des propositions concrètes de faire leur apparition.

    A plus

  • thierryl

    Salut le Stan,

    Ce qui me fait sourire, en effet, c’est le côté “catalogue de propositions” qui semble accompagner ce mouvement. Car rien n’est moins sûr qu’un ras-le-bol soit identifiable à un programme politique.

    On l’a vu par exemple avec les mouvements “Tea Party”, beaucoup de gens mécontents, mais qui ne sont pas même d’accord sur les origines ou le traitement politique du mécontentement.

    Comme les printemps arabes, globalement on veut déboulonner le dictateur, mais rien ne semble avoir été prévu pour la suite et on commence à deviner que les gens ne sont pas d’accord à priori entre eux, même majoritairement.

    Je crois que nous sommes simplement dans une situation absurde, adolescente, et en même temps très vieille, les gens réagissent avec des armes du passé, des conneries idéologiques tirées de l’activisme politique de années 1960/70.

    L’usage infantile des réseaux sociaux n’est donc pas à la hauteur de l’enjeu.
    Cela me fait penser aux entreprises qui copiaient leur plaquette en carton ou papier recyclé sur des sites Web dans la fin des années 90.

    Le problème est une question d’élévation de l’être humain et surtout que la course aux études et aux diplômes ne nous a pas garanti une qualité de réflexion de bon sens dans la population et les élites.

    Je crois qu’il va falloir être un peu plus intelligent que le jeune étudiant en comm’ ou marketing ne suppose l’être. LOL

  • Et ben moi, j’trouve que t’es un bon petit Stan, si si t’es très chou. J’veux bien “Pas de #frenchrevolution sans revenu de vie” et j’veux bien une french révolution. Si si j’en voudrais bien une (oh si, vous aussi).

  • Comme le dit Pepito, il est important de prendre ces manifestations pour ce qu’elles sont: l’expression d’un raz le bol. Et c’est bien qu’ils le disent. Oui. C’est aussi un bon signe pour que quelque chose change, le signe que bon nombre de personnes ne sont pas dupes, un signe encourageant pour ceux qui ont de bonnes idées et se demandent si les autres ne dorment pas trop pour les regarder et les considérer.
    Les idées proposées ici sont effectivement très loin d’un revenu de vie (moi je parle plutôt de revenu de base, leurs buts sont semblables, je trouve, et leurs aspects complémentaires)… oui et alors? c’est apparemment le rôle d’une autre catégorie de personnes de penser quelque chose de durable, de vraiment social, de fédérateur (ce qui est le cas dans ce blog) et puis le rôle d’une autre de faire part de ces idées, de les distribuer, de les faire connaître. Chacun sa place. Beaucoup font tout ce qu’ils peuvent et il faut les motiver. Positiver, prendre le bon, dire oui et jouer son propre rôle pour que l’organisme vivant que nous représentons tous ensemble puisse fonctionner et fonctionner mieux.
    Chacun a sa responsabilité, c’est pour cela que je ne préfère pas parler de “victime”. La société est telle qu’elle est parce que chacun a pris des habitudes qui l’ont définies. C’est le comportement individuel de chacun qui est à la source de la situation actuelle. Et c’est le changement de mode de vie, la prise de conscience des conséquences de chacun de nos actes, mêmes les plus simples qui modifieront inévitablement le monde où nous vivons.

    Du coup, je suis d’accord avec toi. Une révolution ne changera la face du monde que si elle est posée, lente, intérieure et suivie. La démonstration de nombre que nous font les espagnols cette semaine me font espérer qu’une révolution est possible. Fin du premier acte. R-Evolution

  • @Pepito : comme je le dis, je ne suis pas contre la révolte, l’indignation. C’est au contraire un indicateur rassurant de l’éveil des gens face au monde qui les entoure.

    En fait ce qui me gène plus, c’est peut être que ces gens prétendent appeler “révolution” ce qui n’est qu’un simple mouvement de contestation (de plus).

    Mais tu as raison de pinailler, ton commentaire est un contrepoints pertinent à mon post.

    Comme l’ajoute Sébastien, il faut maintenant dépasser le stade de l’indignation, passer à l’étape d’après. Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour l’avoir, cette révolution…

    Très d’accord avec Thierry aussi :-)

  • salut,
    Pour le revenu universel inconditionnel, il y a deja plein de textes dessus.
    Par exemple :
    le livre de Baptiste Mylondo aux éditions Utopia http://vieuxmonde.editions-utopia.org/
    http://www.rue89.com/2011/05/16/wauquiez-et-le-rsa-travailler-les-chomeurs-ne-demandent-que-ca-203475
    http://owni.fr/2011/03/17/revenu-minimum-garanti/

    Sinon ce qui se passe en Espagne est quand même le premier évènement marquant en Europe depuis bien longtemps, enfin un début de contestation de fond de notre système.

  • geronimo

    D’accord en partie, surtout sur l’usage du mot “Révolution” on voudrait en vidant le sens qu’on ne s’y prendrait pas autrement… une petite révolte et encore! Une Révolution, certainement pas! Mais de toute manière, elle viendra bel et bien cette Révolution, sans crier gare!

    http://www.delaservitudemoderne.org/video.html#film

    A diffuser, TRES LARGEMENT pour que les choses changent!

  • Mille bravos pour cet article !

  • larroque

    de quelle révolution parle -t-on ?
    que les énarques de gauche réalisent que le peuple existe en dehors des stades de foot !
    que les énarques de droite comprennent que les électeurs du FN sont peut être de gentil membres pour les vacances avec lesquels ils prendront l’apéro .
    la révolution désigne d’abord que l’on tourne le sens des choses qui servent de bases à la structure de la société :
    comment ?
    en utilisant enfin les valeurs fondamentales pour faire une constitution qui n’aboutisse pas comme la 5èm à la caricature que nous vivons , sortir de l’oligarchie et pire de la ploutocratie
    le système qui ne sert qu’aux plus riches
    en Afrique , en 1222 l’empire Manding avait abolit l’esclavage
    il avait fait la charte du Manden , que voici:
    • CHARTE DU MANDEN

    • « Toute vie est une vie »

    • « Le tort demande réparation »

    • « Pratique l’entraide »

    • « Veille sur la patrie »

    • « Ruine la servitude et la faim »

    • « Que cessent les tourments de la guerre »

    • « Chacun est libre de dire, de faire et de voir »

    ces 7 points sont suffisants pour refonder nos sociétés , chacun comme il le veux , mais sur cette base on ne reverra jamais un élu tricheur pouvoir se représenter et être réélu ! comme chirac , médecin , balkani ….. et autres escrocs des républiques bananières comme la notre !

  • simono

    Ce mouvement en Espagne est intéressant mais il risque de ne pas aboutir à grand chose, sauf s’il s’amplifie. Bien sur, ce que demandent ces jeunes ne sera pas accordé (partager le travail, interdire des licenciements…).
    Maintenant, les politiques économiques se font à Bruxelles, et ça, beaucoup de gens ne l’ont pas compris. Les états ont de moins en moins de pouvoirs, et donc les élections de moins en moins d’intéret.
    Le revenu de vie peut donner un minimum, mais ce que les gens veulent avant tout, c’est un travail, que le système actuel ne peut apporter.

  • gouin

    Je reste dubitatif devant ces mouvements de révolte de la population. Car enfin, après la fête il faut bien régler l’addition !
    Chaque personne censée sait que le train de vie doit correspondre avec des ressources tangibles qui ne reposent pas sur l’emprunt financier. Vivre au dessus de ses moyens expose forcément à des revers de baton… et c’est le cas de tous ces pays, surtout ceux du “club med”.
    L’agent ne se trouve pas sous les sabeaux d’un cheval, il faut produire des biens et les vendre pour en retirer des bénéfices.
    Le problème est depuis longtemps le partage de ces bénéfices qui se concentrent dans trop peu de mains. Une économie tourne correctement quand il y a une large répartition des richesses parmi la population de manière à ce que tous puissent dépenser.
    Car le très riche ne peut tout bouffer et finira par être le plus riche du cimetierre pendant que la masse des gens crèvera du manque de moyens.
    Voilà des idées jetées en vrac qui illustrent ma pensée.
    Le système actuel fonctionne sur des fausses bases et il faudra bien revenir au principe de dépenser que l’argent qu’on a dans sa poche. La purge sera longue et douloureuse pour tous.

  • @gouin : oui le système repose sur de mauvaises bases : notamment sur un système d’endettement dont nous sommes aujourd’hui en fin de cycle.

    Mais ces fausses bases sont aussi et surtout les règles monétaires. Vous dites que l’argent ne sort pas sous les sabots d’un cheval. Ca semble évident, et pourtant, il y a bien de l’argent qui sort de nul part quand il faut sauver les banques !

    La question n’est donc pas tant de dépenser “que ce qu’on a dans les poches” que de redéfinir des règles monétaires qui mettent tout le monde a égalité.

    Pour dire les choses plus concrètement, créer de la monnaie de nulle part peut être acceptable, si (et seulement si) tout le monde en profite par le versement d’un dividende universel à tous les citoyens.

    CF ce post : http://www.tetedequenelle.fr/2011/04/systeme-monetaire-dividende-universel/

    @simono

    “Le revenu de vie peut donner un minimum, mais ce que les gens veulent avant tout, c’est un travail, que le système actuel ne peut apporter.”

    Pas tout à fait d’accord. Les gens veulent aussi un boulot intéressant et correctement payé. Et c’est justement ici l’intérêt d’un revenu universel garanti : il permet aux gens de choisir leur voie plutôt que de subir les contraintes du marché qui les conduisent à accepter n’importe quel job pour ne pas être exclu.

    Le revenu universel est aussi un forme de subvention massive à la créativité, l’entrepreneuriat et toutes autres initiatives qui ne trouvent pas leur place dans un monde qui ne rémunère que la création de valeur marchande.

  • marc

    Bonsoir, j’ai lu votre article, les propositions sont timides car elles n’ont pas de point de référence, j’en ais une pour vous :

    LA DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN !